La soixante-dixième porte du Dharma
Kusen de maître Roland Yuno Rech à Gyobutsuji le 24 Août 2016 au zazen du matin.
La diligence dans la pratique révèle la vérité, le Dharma, nous dit le sutra.
Dans la voie du zen, comprendre c'est réaliser profondément à travers la pratique avec le corps. C'est bien au-delà d'une compréhension intellectuelle. La compréhension purement mentale procède par des notions, des concepts et donc entretient l'esprit dualiste. Cet esprit dualiste discrimine entre soi et les autres et donc ne permet pas de réaliser une compréhension profonde de notre non-séparation d'avec tous les êtres, ce qui est l'essence même de l'éveil du Bouddha et de l'éveil que chacun peut réaliser en pratiquant zazen avec diligence.
Maître Dogen enseignait que quand on réalise le lâcher-prise - shin jin datsu raku, c'est Bouddha qui nous dirige. On ne fait plus zazen par la force de son égo et donc on n'a plus besoin d'un effort personnel. La diligence est entretenue par la pratique. On a naturellement envie de pratiquer. On n'a pas à lutter contre la paresse.
Maître Deshimaru disait que l'effort est important car la facilité affaiblit l'être humain. L'effort, la diligence c'est un peu la même chose sauf que dans l'effort il y a davantage la notion d'une volonté personnelle ; la diligence davantage le fait de suivre le Dharma en étant attiré par le Dharma ; donc en pratiquant avec enthousiasme.
Ainsi on peut arrêter de tergiverser avec soi-même, d'hésiter ou de changer de décision. Par exemple cela aide à se lever tôt le matin sans tergiverser : est- ce que je me lève? est-ce que je ne me lève pas? Est-ce que je vais au zazen aujourd'hui ou demain?.
Comprendre profondément, c'est pratiquer, pratiquer ce que l'on a compris, avec le corps pas seulement en pensée ou en parole. Si on a compris la dimension infinie de zazen, on veut naturellement le pratiquer toute sa vie, quoiqu'il arrive. C'est au-delà de notre volonté.
Cela veut dire être tiré entraîné par le zazen dans un gyoji une pratique constante et on ne s'en fatigue pas car l'énergie que l'on met à pratiquer on la retrouve dans la pratique elle-même. Elle nous est restituée purifiée par la pratique ; fort heureusement car la compréhension juste nous porte à vouloir aider tous les êtres à pratiquer à leur tour ; à aussi trouver dans la pratique le moyen d'être aidé par le Dharma et pour cela on a besoin d'être diligent dans notre propre pratique pour entraîner les autres.
Comme nos aspirations de bodhisattva sont très vastes ainsi que le dit notre vœu d'aider tous les êtres, il nous faut pour cela une énergie et une diligence constantes.
Cela veut dire aussi éviter de se complaire dans ses complications mentales ou émotionnelles qui sont généralement dues à un excès d'égocentrisme. Autrement dit pour continuer à être diligent, il faut continuer à s'éveiller. L'éveil provoque la diligence et la diligence entretient l'éveil.
C'est ainsi qu'on peut créer un cercle bénéfique dans l'existence et ainsi on ne trouve plus d'obstacle car tous les phénomènes que nous rencontrons dans la vie quotidienne deviennent des occasions de pratiquer avec diligence.






