Kusen de maître Yuno rech donné le mercredi 24 décembre 2008 à 7 heures.
Maître Ryokan écrivit un poème dans lequel il dit : « Ma hutte est enfouie au plus profond de la forêt, chaque année la vigne vierge pousse plus longue que l’année précédente. Je ne suis pas dérangé par les affaires du monde et vit à mon aise. Le chant des bûcherons à travers les arbres parvient rarement jusqu’à moi. Tant que le soleil brille dans le ciel je reprise mes vêtements déchirés. Face à la lune je lis pour moi-même à haute voix les soutras. A ceux qui partagent ma foi, je vous donne ces quelques mots comme conseil pour jouir de la vie infinie : Vous n’avez pas besoin de beaucoup de choses. »
Lorsque l’on commence la journée en pratiquant zazen comme nous le faisons ici, on peut ressentir profondément cet esprit du moine qu’incarnait Ryokan. Un esprit complètement satisfait avec très peu de choses, heureux d’être, tout simplement, en harmonie avec l’ordre cosmique.
Cela ne veut pas dire nécessairement d’aspirer à se retirer du monde et vivre dans une hutte au plus profond de la montagne profonde mais de pouvoir vivre au milieu de l’agitation du monde avec un esprit en paix, libéré de tout ce qui préoccupe et attache la plupart des gens.
Et finalement, par-delà nos propres actions dans des relations d’aide, c’est bien notre manière d’être qui est la source de l’aide la plus précieuse pour les autres. En cette période de crise profonde qui n’est pas seulement un accident dans le fonctionnement normal de la machine économique, nous pouvons, comme Maître Ryokan, témoigner d’une manière d’être complètement au-delà de l’avidité, de l’insatisfaction du monde des objets et c’est le meilleur cadeau que l’on puisse faire aux autres car c’est ce dont chacun a véritablement besoin au fond : Retrouver la paix de l’esprit, du cœur, en étant libéré de tous les poisons, retrouvant une manière de vivre en harmonie avec la nature, avec notre véritable nature.






