Kusen de maître Yuno Rech donné à Gyobutsuji le 20 février 2018.
Pendant zazen, n’oubliez pas d’inspirer et d’expirer consciemment en suivant le mouvement de la respiration. Et surtout d’aller jusqu’au bout de l’expiration en concentrant toute l’énergie de l’expiration sous le nombril dans la zone du kikai tanden : c’est ce qui donne à la posture sa stabilité.
Au Japon, il y a un jouet qu’on appelle Daruma : ce sont des poupées en forme d’œuf qui sont lestées à la base de telle sorte que même si on les pousse, si on les bouscule, si on cherche à les renverser, elles reviennent toujours dans la position verticale.
C’est exactement ce que produit la pratique de zazen dans notre vie : nous gardons notre verticalité malgré les influences qui ont tendance à nous faire nous incliner à droite ou à gauche, vers ceci ou cela. Autrement dit zazen nous aide à rester centrés, stables, ce qui ne veut pas dire insensibles ou indifférents car justement puisque nous sommes centrés nous pouvons accueillir ce qui se passe sans crainte d’être déstabilisés.
C’est le 5e mérite de la pratique de zazen énoncé par maître Deshimaru où il disait « les influences perdent de leur puissance ». Il faut d’abord reconnaître que nous sommes influencés par toutes sortes de choses. Nous sommes influencés par notre état physique, notre état de santé, le climat, l’environnement, l’environnement social surtout, les autres. Nous recevons sans cesse toutes sortes d’influences. Si on est trop influençable, on ne peut pas tracer sa ligne de vie. On va constamment hésiter, changer de direction, remettre en question ses engagements sous l’effet de nouvelles influences.
Lorsqu’on suit la Voie du Bouddha, il convient de privilégier l’influence de zazen dans notre vie. Un zazen véritablement libérateur, c’est-à-dire zazen pratiqué avec ce que Maître Dogen appelait Shin jin datsu raku, Corps et esprit dépouillés, dépouillés de tous nos attachements. Pratiquer zazen c’est laisser tomber toutes les influences et n’être plus influencé que par l’esprit de Bouddha, l’esprit de zazen.
Dans la vie quotidienne, on est soumis à toutes sortes d’influences mais si on est conscient clairement de ce qui nous influence chaque jour, on peut garder notre distance par rapport à ces influences. Les reconnaître, c’est ne plus en être l’objet et rester un sujet libre de ses choix par-delà les influences.
Dans la vie quotidienne, il convient d’être pleinement conscient de toutes les influences que la vie sociale nous envoie. Avoir un regard lucide sur toutes choses. Ce qui ne veut pas dire ne plus être influencé par rien, mais au moins ne plus l’être par ce qui nous éloigne de la Voie, du Chemin.
C’est un des mérites de la Sangha d’être constituée de personnes qui suivent toutes la même direction et qui donc peuvent exercer les uns vis-à-vis des autres la meilleure influence.






