M

Gyobutsuji

27-29 avenue Jean Médecin
Immeuble C
Fond cour gauche - 2è étage
06000 NICE

04 93 80 81 49

Gyobutsuji

Nous trouver sur Google Map

La nature de Bouddha

Zazen - Retraites - Sesshin

Rubrique : Kusen retranscrit

Étiquette : 2003 | Yuno Rech

Pendant zazen, revenez constamment à la concentration sur votre posture. Etirez bien tout votre corps entre ciel et terre. Ne laissez pas la tête pencher en avant, rentrez bien le menton et relâchez bien les épaules. Le ventre également est détendu.

On inspire et on expire profondément et au lieu de suivre ses pensées, on suit le mouvement de la respiration. Ainsi on réalise un esprit qui ne stagne sur rien car la respiration nous ramène toujours à l’extrême pointe de l’instant présent. Si on est concentré sur la respiration, on ne peut pas ruminer ses pensées.

Le mental se calme. Les pensées s’apaisent et l’esprit se clarifie comme lorsque dans notre région le vent se met à souffler et balaye les nuages. Ce qui se révèle à ce moment-là, que ce soit le vaste ciel dégagé, le soleil ou la lune et les étoiles, n’est pas produit par le vent. De même, le zazen ne produit pas notre véritable nature de bouddha. Simplement ce qui l’obscurcissait s’est dissipé, ce qui nous empêchait d’être en contact avec, a disparu.

La fonction de zazen est de nous ramener à la réalité telle qu’elle est, par-delà l’obscurcissement produit par nos fabrications mentales. Nos préjugés, nos pensées orientées par nos désirs et nos aversions, nous font croire en ce que nous aimons et nous opposer à ce que nous n’aimons pas, au lieu de voir ce qui est réel et de l’accepter.

Dans le bouddhisme du grand véhicule dont fait parti le zen, tous les êtres sensibles, sans aucune exception, ont la nature de Bouddha. Le sûtra du nirvãna dit que cette nature de bouddha est permanente et sans aucun changement. Ce thème est régulièrement repris par tous les maîtres zen. C’est aussi la confiance, la foi fondamentale de tous les pratiquants. Lorsque nous recevons l’ordination de bodhisattva, on prend refuge dans les trois trésors : le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Le Bouddha n’est pas un être surnaturel ni même le Bouddha historique Shãkyamuni, c’est la nature de Bouddha de chacun.

Prendre refuge en Bouddha, c’est prendre refuge en soi-même, non pas dans notre ego illusoire mais dans notre véritable nature. Toute notre pratique est fondée sur la foi ou la confiance qu’il existe cette véritable nature qui ne demande qu’à se réaliser, s’actualiser dans et avec la pratique.

Cette notion de nature de bouddha a fini par créer des malentendus. On a fini par croire que les êtres la possèdent comme un fruit possède un noyau, ou bien qu’elle est destinée à se réaliser dans le futur au bout de la pratique et qu’elle n’a actuellement qu’une existence potentielle. Aussi, Maître Dõgen pour rectifier ces interprétations erronées, a dit : « Tous les êtres sont la nature de Bouddha. Le Bouddha est à la fois permanent et impermanent, être et non-être ». Ainsi la nature de Bouddha n’est pas quelque chose que l’on possède mais c’est ce que nous sommes au fond, c’est notre réalité intime. Elle se manifeste dés l’instant où l’on pratique zazen de la façon juste, en abandonnant toute avidité, toute attente même d’une illumination future, pour être simplement et intimement « un » avec la pratique de chaque instant.

La pratique dans laquelle on n’attend rien, on ne cherche rien, on ne veut rien, dans laquelle on cesse de vouloir saisir ou rejeter quoi que ce soit, révèle la nature de bouddha, devient elle-même l’éveil, ici et maintenant. Il n’y a d’ailleurs pas d’autre éveil que celui qui est réalisé ici et maintenant. Cet éveil n’est pas un événement extraordinaire, c’est juste revenir à ce que nous sommes en réalité. C’est à dire des êtres en unité avec notre environnement, interdépendants des autres êtres et pas seulement humains mais de tous les êtres vivants et même du ciel, de la terre, des arbres, des montagnes et des rivières.

Comme tout l’univers est sans commencement ni fin, chaque être est également sans commencement ni fin. La naissance et la mort ne sont que des transformations de cet être en unité avec tout l’univers. C’est pourquoi Dõgen disait que notre véritable nature de bouddha est à la fois permanente et impermanente, être et non-être. Nous sommes absolument ce que nous sommes ici et maintenant et ceci n’est pas limité.

A chaque instant et particulièrement en zazen, on peut prendre conscience que tout ce qui nous constitue se transforme. Le corps change. Nos perceptions changent d’un instant à l’autre. Parfois, nous percevons le silence, parfois la voix qui s’élève, les bruits dans la rue, l’odeur de l’encens. Nos sensations se transforment. Parfois on se sent très bien, à d’autres moments on a mal aux jambes. Nos états de conscience également se transforment. Parfois, on est obsédé par certaines pensées, à d’autres moments, on est tout à fait calme, serein. D’un instant à l’autre, toutes sortes de phénomènes apparaissent et disparaissent.

Nous sommes totalement cette impermanence. Il n’y a pas un moi caché, permanent derrière cette perpétuelle transformation et en même temps, notre existence n’est pas limitée par la naissance et la mort. Notre existence, en unité avec tout l’univers, est sans commencement ni fin. Aussi, d’un certain point de vue, on peut dire qu’elle est à la fois permanente et impermanente. En zazen, on ne s’attache pas à ces notions de permanence ou d’impermanence, on se contente de vivre l’éternel présent de chaque instant.

Rejoindre la communauté des pratiquants

Être guidé et accompagné par des enseignants certifiés, pratiquants de longue date restant à votre écoute et ayant à cœur de partager avec vous cette voie de sagesse et de compassion.