M

Gyobutsuji

27-29 avenue Jean Médecin
Immeuble C
Fond cour gauche - 2è étage
06000 NICE

04 93 80 81 49

Gyobutsuji

Nous trouver sur Google Map

Les trois trésors

Zazen - Retraites - Sesshin

Rubrique : Kusen retranscrit

Étiquette : 2008 | Yuno Rech

Lorsque l’on pratique zazen on se concentre sur la posture du corps et sur la respiration, et dans cette concentration on abandonne l’attachement aux pensées ordinaires. Même si les préoccupations de la vie quotidienne surgissent durant zazen, on se contente d’en prendre conscience un instant, on ne se laisse pas entraîner par elles. Par le retour à la posture, le retour à la respiration, on apprend à lâcher prise d’avec tout ce qui nous obscurcit l’esprit, ce qui nous empêche de vivre réellement ici et maintenant.

On expérimente une autre manière de fonctionner. Ce n’est plus la manière conditionnée par notre ego, c’est-à-dire tout ce à quoi l’on s’est identifié depuis notre naissance dans un processus constant de choix et de rejet : « Cela j’aime, je prends. Cela je n’aime pas, je rejette… ».

On expérimente une façon de fonctionner dans laquelle on est parfaitement conscient de tout ce qui est présent, tous les pôles de nos dualités, de soi, des autres, mais on ne s’identifie pas à une position particulière : l’esprit reste vaste, embrassant tous les phénomènes. On est à la fois soi-même et les autres, soi-même et Bouddha. Cela veut dire que l’on expérimente une véritable communion spirituelle avec Bouddha en réalisant la même expérience que lui de lâcher-prise des conditionnements égotiques et d’ouverture à la totale interdépendance avec tous les êtres. Et en particulier avec la communauté, la Sangha avec laquelle nous pratiquons.

Lorsque l’on ressent cette communion spirituelle, le désir de la confirmer se manifeste par l’ordination, la prise de refuge dans ce que l’on appelle les Trois Trésors : le Bouddha, le Dharma et la Sangha.
Le Bouddha étant la source des Trois Trésors, le Dharma étant son expression dans le passé et la Sangha son actualisation dans le présent.

Maître Keizan disait : « La plus haute vérité est le Trésor du Bouddha. ». C’est-à-dire l’ultime vérité,
Non pas la vérité relative, expérimentale, scientifique mais la vérité concernant la véritable nature de notre existence : sans substance, en totale unité, interdépendance, avec tous les êtres.
Il ajoutait : « La pureté immaculée est le trésor du Dharma. »

« Pureté » signifie non-séparation, non-dualité, non-attachement à un aspect particulier de la réalité.
Fu zenna, non-souillure, être sans impureté, c’est ne pas créer de dualité, de séparation. C’est donc l’expérience de la conscience hishiryo en zazen. C’est le Trésor du Dharma.

« Et l’harmonie est le Trésor de la Sangha. ». La Sangha est la communauté dans laquelle on peut, le plus aisément, expérimenter, mettre en pratique le Dharma. Car même s’il y a entre nous des différences, nous partageons au moins la même expérience, les mêmes vœux. Cela rend donc l’actualisation de l’éveil de zazen, plus facile dans la Sangha que dans la vie quotidienne professionnelle dans laquelle on se heurte parfois à des incompréhensions, des différences trop grandes pour pouvoir réellement partager ce qui est précieux pour nous.

Aussi la Sangha est-elle un véritable Trésor et il convient de la protéger en y faisant régner l’harmonie. Ce qui implique notamment de renoncer à dénoncer les erreurs des autres et à les critiquer. Cela ne veut pas dire ne pas les voir, cela ne veut pas dire, éventuellement, ne pas en parler en tête-à-tête avec bienveillance mais cesser les dénonciations agressives, les critiques, notamment en l’absence de la personne qui s’en trouve forcément blessée.

Ce qui caractérise la Sangha c’est que nous étudions ensemble le Dharma et que nous essayons de le mettre en pratique ensemble. Ce qui veut dire que tout ce qui se passe dans la Sangha est genjo koan, occasion de s’éveiller à la réalité. Et l’une des fonctions de la Sangha est d’être un miroir pour chacun pour approfondir sa propre connaissance de soi-même, en allant au-delà de notre vision limitée de nous-mêmes.

Ainsi la Sangha est ce qui libère de la souffrance. Elle est « au-delà du monde ordinaire » disait Maître Keizan. Aussi c’est réellement un Trésor qu’il convient de protéger.

L’une des manières de protéger ce Trésor est de se réunir fréquemment dans la concorde. C’est une des recommandations de Bouddha avant sa mort : « Tant que la Sangha se réunira fréquemment dans la concorde, le Dharma restera vivant. »

Rejoindre la communauté des pratiquants

Être guidé et accompagné par des enseignants certifiés, pratiquants de longue date restant à votre écoute et ayant à cœur de partager avec vous cette voie de sagesse et de compassion.