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L’énergie de la sangha

Zazen - Retraites - Sesshin

Rubrique : Kusen retranscrit

Étiquette : 2017 | Yuno Rech


Le zazen du soir, c’est le moment du retour au calme. Après l’activité de la journée, l’agitation, le bruit, on vient au dojo et on pratique en silence. On fait silence en soi, en ne poursuivant pas ses pensées, en arrêtant toute discussion à l’intérieur de nous-même, en étant simplement à l’écoute de ce qui se passe en nous.

On observe les pensées, les sensations ou les perceptions qui surgissent, mais on ne s’y attache pas, et pour cela on reste concentré sur la posture du corps et attentif à la respiration.

Au lieu de suivre ses pensées, nous suivons le mouvement de la respiration. Lorsqu’une pensée surgit, on l’observe le temps d’une inspiration et en expirant on la laisse passer. Ainsi on retrouve constamment un esprit frais et neuf, disponible et accueillant.

La pratique de zazen nous donne l’occasion de prendre davantage conscience de l’impermanence de tous les phénomènes de notre vie. Mais au lieu de lutter contre cette impermanence, zazen nous aide à nous harmoniser avec elle, en retrouvant sans cesse un esprit fluide, capable de lâcher prise, de ne pas stagner dans ses pensées ou ses préoccupations.

C’est ce qui permet de retrouver rapidement la paix de l’esprit, non pas en s’efforçant volontairement de faire le vide, mais en se contentant de rester concentré sur sa posture et attentif à sa respiration. Alors, naturellement et inconsciemment, tous les phénomènes s’apaisent, l’esprit se clarifie, on cesse de ruminer ses préoccupations, et on peut devenir véritablement présent à la vie telle qu’elle se manifeste à chaque instant, autrement dit on devient vraiment vivant, pas enfermé dans ses fabrications mentales, mais en contact avec la vie de chaque instant.

Bien qu’en zazen le regard et l’attention soient tournés vers soi-même, vers l’intérieur, on ne s’attache pas à soi-même, on réalise que soi-même est totalement relié aux autres et on vit pleinement cette interdépendance dans le dojo, la concentration des uns aidant la concentration des autres. Ensemble nous produisons une forte énergie qui aide chacun à continuer la pratique.

Maître Deshimaru disait assez souvent : « Le dojo est comme un grand feu dans une cheminée : plus il y a de bûches qui brûlent, plus la chaleur qui se dégage est forte et la lumière intense. » C’est pour cela qu’il est infiniment plus facile de continuer à pratiquer longuement dans un dojo que seul chez soi : nous sommes portés par l’énergie de la Sangha et, conscient de notre interdépendance avec les autres, on développe notre solidarité.

Dans une Sangha, nous nous entraînons mutuellement dans la pratique. Le dojo est le lieu où l'on peut exprimer notre bienveillance à l’égard des autres, car, libérés de nos préoccupations personnelles, on est plus disponible pour se mettre à leur place et leur venir en aide si besoin est, car zazen nous fait abandonner notre égocentrisme, il nous fait ressentir à quel point nous vivons avec les autres.

Réaliser cela est la véritable dimension spirituelle de la pratique de zazen, ce n’est pas seulement une technique de méditation, c’est une Voie de réalisation du véritable sens de notre vie qui est d’être totalement solidaire d’avec tous les êtres, en particulier les être vivants, les êtres sensibles.

C’est cela qui nous fait prononcer les vœux du bodhisattva à la fin du zazen et ces vœux expriment totalement le sens de notre pratique. Aussi, zazen répond à un besoin profond de sens dans notre vie.

Nous avons besoin d’avoir une direction claire qui anime nos activités et fait de chacune d’entre elles une forme de pratique de la méditation, du zen, sans opposer ou séparer ce qui se passe dans le dojo, ce que l’on y vit et ce que l’on vit au quotidien.

C’est pourquoi il est bon d’avoir une pratique régulière qui nous ramène au dojo, pour mieux replonger dans l’activité sociale avec un esprit moins sensible au stress de la vie quotidienne, un esprit en paix, enraciné dans son être profond, c’est-à-dire notre unité avec tous les êtres.

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